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MessagePublié: 24 Avril 2024, 08:06 
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Un hybride serait forcément un croisement de chien et de loup, de première génération... pas sûre que ça soit une si bonne idée que ça... :lol: (sinon, oui, on peut parler des bons vieux bâtards/corniauds, qui sont toujours les meilleurs... 8-) )

Disons que, d'une certaine façon, la grande variété des races de chiens s'est faite sur un temps long, en fonction de critères d'usages, mais aussi climatiques, des milieux etc... S'il n'y avait pas eu de sélection due à la domestication humaine, il n'existerait tout simplement pas de chiens... :think:

Là, clairement, c'est la dérive du principe de "races de chien", où on a fait primer des critères esthétiques (qui tiennent d'ailleurs parfois plus du délire que d'autre chose), sur un temps rapide, sans se soucier d'autre chose (comme la santé des chiens) ce qui a conduit clairement à des aberrations.
Pour moi, une des solutions pourrait résider dans la revue des standards de race, avec déjà l'interdiction des hyper types dangereux, imposer des critères de sélection basés sur l'absence de risques génétiques en tout genre etc... ça ferait déjà un peu de ménage. :think:

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Même si on ne nous laisse qu'une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d'elle il y aura toujours le ciel tout entier.
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MessagePublié: 24 Avril 2024, 09:49 
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Aveyron : Le préfet autorise l’abattage des chiens errants dans plusieurs communes
BREBIS GALEUSES•L’association One Voice a annoncé son intention d’attaquer l’arrêté

Publié le 24/04/2024 à 09h15 • Mis à jour le 24/04/2024 à 09h15

Le préfet de l’Aveyron (et par délégation la sous-préfète, Véronique Martin Saint-Léon), a autorisé par arrêté l’abattage des chiens « errants, divagants ou malfaisants » dans cinq communes du sud du département. « Il sera procédé à l’abattage (…) de chiens en état de divagation identifiés comme ayant causé des dommages aux troupeaux ou susceptibles d’en causer et dont la capture s’avère impossible », évoquent les représentants de l’Etat.


Cette mesure, limitée dans le temps (jusqu’au 9 mai 2024), s’applique à cinq communes où la population ovine est très importante : La Couvertoirade, L’Hospitalet-du-Larzac, Nant, Sainte-Eulalie-de-Cernon et Saint-Jean-Saint-Paul. Elle a été prise afin de limiter les attaques des canidés sur les brebis. Seuls les agents de l’OFB (Office français de la biodiversité) et les lieutenants de louveterie seront autorisés à tirer sur les animaux.

L’arrêté a fait l’objet d’une pétition qui a atteint près de 20.000 signatures en quelques heures. L’association One Voice a annoncé son intention d’attaquer cet arrêté devant le tribunal administratif. « Alors qu’une grande majorité des troupeaux aveyronnais ne sont pas protégés du fait de la « densité ovine » dans le département (plus de 110.000 brebis), l’État choisit la solution habituelle : tuer, tuer et encore tuer ! Et quand les loups ne sont pas visés, c’est au tour des chiens », s’alarme Cléa Capelli, pour One Voice.



https://www.20minutes.fr/planete/4087995-20240424-aveyron-prefet-autorise-abattage-chiens-errants-plusieurs-communes

Tant qu'on est dans les histoires de chiens...

Franchement, cette situation est écœurante... autant je comprends parfaitement le désarroi des éleveurs qui perdent leurs brebis, ou des simples "propriétaires pour le plaisir" qui se font tuer leurs chèvres/moutons/poules... autant je ne comprends pas qu'en 2024 (bordel quoi !) on use encore de méthodes de barbares qui consistent à tirer à vue sur des pauvres chiens, qui ont le tort d'avoir été lâchement abandonnés par des abrutis sans cervelle ni empathie. (ou accessoirement, de s'être sauvés de chez eux, mais c'est pas grave, ça sera des dégâts collatéraux)
Franchement, si on est en là... à la place du fusil, on prend simplement un fusil hypodermique... mais je crois pas qu'on soit face à des chiens à ce point sauvages (juste sans doute très mal sociabilisés et complément apeurés).

Ou alors, il faut "punir" des chiens qui s'en seraient pris à du bétail, et là, on est dignes des procès d'animaux du Moyen-Âge... :roll:

Bref, quand la stupidité réfléchit avec le manque le plus total d'empathie et de respect de la vie, bah on en arrive à ce genre de situation aberrante.
Et le pire, c'est que je suis persuadée qu'il y a un paquet de gens qui trouvent ça normal... :eh:

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MessagePublié: 26 Avril 2024, 09:34 
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Après les 7 chiots trouvés dans un bois, l’association Les Compagnons des animaux de Lavelanet trouve leur mère abandonnée au même endroit plusieurs jours après.
La chienne a été abandonnée à son triste sort quelques jours après ses chiots. La chienne a été abandonnée à son triste sort quelques jours après ses chiots. La chienne a été abandonnée à son triste sort quelques jours après ses chiots. Les compagnons des animaux

Faits divers, Ariège, Lavelanet
Marie Lacombe

Après les sept chiots abandonnés en forêt de Carla-de-Roquefort lundi, c’est leur mère qui a été laissée à l’abandon et recueillie par l’association Les compagnons des animaux à Lavelanet, qui héberge déjà sa progéniture.

Le 22 avril dernier, Amandine Méline avait eu la désagréable surprise de découvrir sept chiots abandonnés en pleine forêt communale à Carla-de-Roquefort. Mais la surprise a été encore plus mauvaise ce jeudi 25 avril, quand la présidente de l’association Les compagnons des animaux, située à Lavelanet, est tombée sur la mère des chiots, elle aussi abandonnée à son triste sort au même endroit que sa progéniture. "C’est une dame qui m’a prévenue, je trouve cet acte d’une lâcheté incroyable, clame la présidente de l’association. J’ai mis 1 h 30 à l’approcher pour qu’elle me fasse confiance et que je puisse l’amener chez le vétérinaire, elle était très faible et en mauvais état, qui plus est près d’un ravin où elle aurait pu tomber vu l’état dans lequel elle est."

A lire aussi : "C’est devenu une habitude en Ariège" : elle trouve 7 chiots livrés à eux-mêmes dans un bois et lance un appel pour retrouver les propriétaires

Déjà en colère pour les chiots, la bonne samaritaine l’est encore plus depuis qu’elle a recueilli la chienne hier après-midi : "Elle souffre le martyre, je trouve ça horrible, horrible", lâche la Lavelanétienne, le courroux contenu dans sa voix. La chienne, qui venait juste de donner naissance, souffre en effet de mammite, une infection des mamelles qui la gêne pour allaiter ses petits. Qui plus est, elle a été séparée des chiots un certain temps maintenant et les remettre à l’allaitement serait difficile. "Si au moins on les avait abandonnés ensemble… soupire la retraitée. Je sais que c’est un geste extrêmement difficile d’abandonner un animal, mais on peut au moins le faire proprement, devant la SPA ou un refuge."

Une famille d’accueil à trouver d’urgence
D’autant plus qu’Amandine Méline est certaine que l’abandon de la mère a été déclenché par la médiatisation de la découverte de ses chiots : "Tous les jours depuis lundi, on retourne au même endroit pour être sûr de n’avoir oublié personne et un après-midi elle était là, la personne qui a fait ça devait se douter qu’on y retournerait." Qui plus est, elle soupçonne que c’est une personne du coin qui a laissé la mère et les petits à l’abandon : "Je ne lâcherai pas l’affaire, prévint-elle. Je suis sûre que quelqu’un du secteur qui a fait ça et on lancera des appels partout pour que quelqu’un reconnaisse peut-être la chienne."

En attendant, les chiots ont été vermifugés et vaccinés, se nourrissent correctement, et leur maman est sous antibiotiques, en bonne voie de rétablissement. La mission désormais : lui trouver une famille d’accueil – "sans autre animal puisqu’on ne connaît pas ses ententes d’avant", précise Amandine Méline – pour lui éviter le refuge ou la SPA.

Une cagnotte a été lancée pour soutenir l’association. Elle est à retrouver sur la page Facebook « Association Les Compagnons Des Animaux ».


https://www.ladepeche.fr/2024/04/25/apres-les-7-chiots-trouves-dans-un-bois-lassociation-les-compagnons-des-animaux-de-lavelanet-trouve-leur-mere-abandonnee-au-meme-endroit-plusieurs-jours-apres-11913307.php


Si vous vous demandiez pourquoi on parle de plus en plus d'affaire de chiens errants... tout simplement parce des "humains" même pas dignes d'être appelés comme tels font ça...
Et donc, évidemment, si les chiens arrivent à survivre quand même, comme ils le peuvent, et bien certains considèrent qu'ils méritent la mort, ni plus ni moins... (mais visiblement, c'est pas si grave, c'est que des clébards, après tout... :| )

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MessagePublié: 28 Avril 2024, 09:56 
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Abattage de chiens : les éleveurs de l’Aveyron réagissent « à la polémique créée par One Voice »
Millavois.com Millavois.com

L’association d’éleveurs de l’Aveyron « Cercle 12 » réagit à la polémique créée par « One Voice » en contestant l’arrêté pris par la Préfecture de l’Aveyron quant à l’autorisation d’abattage de chiens dans un cadre bien défini.

Suite à l’arrêté pris par la préfecture de l’Aveyron autorisant l’abattage de chiens dans un cadre bien défini (zone, horaire, conditions…), nous dénonçons amèrement la contestation de cet arrêté par One Voice qui a pour seule finalité un emballement médiatique inapproprié pouvant laisser croire que ce sont des chiens qui attaquent actuellement les troupeaux sur le Larzac.

One Voice profite de cette affaire en surfant sur l’émotionnel pour rallier la population à son idéologie antispéciste, en sortant sans scrupule cet arrêté de son contexte, entretenant ainsi le clivage et les animosités entre, d’une part les défenseurs des loups et d’autre part, ceux qui défendent leurs troupeaux des attaques et ainsi tous les acteurs ruraux sensibles au maintien de l’élevage de plein air.


C’est pourquoi nous tenons à affirmer haut et fort, afin de mettre un terme au doute volontairement instillé que c’est bien un loup qui fait d’énormes dégâts sur nos troupeaux (23 brebis/béliers tués et 32 blessés depuis le 1er février sur la zone concernée par l’arrêté) et non pas un chien. Un loup a été vu plusieurs fois sur la commune de Sainte-Eulalie-de-Cernon et ses environs ces jours-ci et nous avons quatre vidéos de 30 secondes chacune, prises à partir de la fin mars, qui prouvent bien la présence d’au moins un loup dans ce secteur. Nous joignons une capture d’écran issue d’une de ces vidéos. En parallèle de cela, aucun éleveur n’a constaté la présence de chien divaguant autour des troupeaux.

Nous sommes aussi très sensibles à la protection des chiens et nous ne souhaitons qu’aucun d’entre eux ne soit tué. C’est un texte très encadré à portée limitée dans le temps et dans l’espace. Par ailleurs, il vise un animal errant qui ne serait pas approchable ET qui menacerait les troupeaux surveillés. Nous sommes confiants puisque les maires, tout comme les propriétaires de chiens, ont été prévenus de cet arrêté. Si un chien est perdu, l’information circule alentour et les chiens ne sont pas abattus à vue sans raison.

Dans son communiqué, One Voice écrit : « Chiens, loups ou tout autre être vivant, nous continuerons de les défendre face aux lobbies agricoles… » !

Non, One Voice ne défend pas « tout autre être vivant » puisque les 12.000 animaux tués chaque année par les loups (brebis, veaux, vaches, chevaux, chiens, etc.), consommés encore vivants bien souvent, ne semblent pas émouvoir cette association qui, avec d’autres comme l’ASPAS, Férus, la LPO, WWF ou la FNE attaquent les arrêtés de tirs de défense, empêchant ainsi de préserver véritablement les animaux domestiques des attaques de loups.

Il est important de rappeler, concernant les moyens de protection des troupeaux, que dans les Alpes, 92% des troupeaux attaqués sont des troupeaux protégés. Face à cet échec de la protection, les tirs peuvent apporter un peu plus de sérénité aux éleveurs et à leurs troupeaux. Personne ne veut tirer sur des chiens et ce sont bien des loups qui attaquent les troupeaux.

L’association d’éleveurs de l’Aveyron « Cercle 12 »


https://www.millavois.com/2024/04/27/abattage-de-chiens-les-eleveurs-de-laveyron-reagissent-a-la-polemique-creee-par-one-voice/

Par honnêteté intellectuelle (et même si visiblement ça ne suscite guère de réponse) je poste la réponse des éleveurs de l'Aveyron...
J'avoue, je suis partagée : dans le sens, un peu rassurée dans un sens, mais de l'autre... déjà, on ne remet aucunement en cause l'abattage des loups (et la gestion du loups en France me semble... pas du tout adéquate, de base), et clairement... la rédaction de l'arrêté parle de chiens... et là, on nous parle d'UN loup. Sérieusement, il y a petit souci de cohérence qui me rend... dubitative, là. :?

Et le coup de "un animal errant inapprochable"... un chien un peu craintif, perdu et effrayé sera, en soit difficile à approcher. Même s'il n'a rien d'un chien "sauvage". J'entends par-là qu'il faudra un peu de temps et de patience pour réussir à l'approcher, il ne suffira pas de le siffler pour qu'il vienne... (mais bon, une cage-piège au pire, et/ou de la nourriture bien attirante, ça le fera. C'est pas un fauve non plus... :roll: )

Bref, moi je veux bien, mais un peu de cohérence et de transparence aurait été la bienvenue... :eh:

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MessagePublié: 11 Mai 2024, 23:28 
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On entend souvent ici et là que quand on est touché ou que l'on combat les maltraitances animales des remarques du genre "oui mais c'est pas si grave, y'a pas mort d'homme" ou que l'on ferait mieux de s'intéresser aux violences faites aux enfants... sauf que l'on se rend de plus en plus compte que bien souvent, au sein d'un foyer, les violences faites aux enfants, les violences conjugales et les violences commises à l'encontre des animaux sont étroitement corrélées...

Comme le rappelle justement une vétérinaire dans le second article : dans un foyer où le chien est maltraité, il y a probablement aussi un enfant en danger... :think:

C'est intéressant, parce que finalement, on se rend compte qu'il n'y a pas "des violences"... mais bien une seule violence, qui va s'exercer prioritairement sur les plus "faibles", quels qu'ils soient.

Citer:
"J'ai tué le chien, je vais te tuer" : les sévices sur les animaux, signaux d'alerte des violences conjugales
Écrit par Nathalie Deumier
Publié le 02/05/2024 à 12h33
À Marseille, une petite chienne chihuahua a succombé fin avril aux coups d'un homme, sur fond de vengeance après une séparation. Selon deux spécialistes, les sévices sur un animal sont révélateurs d'une volonté de destruction et annonciateurs d'autres formes de violences.

Le 25 avril, dans le 9e arrondissement de Marseille, un homme a tué la chienne de son ex-compagne. Il lui a envoyé une vidéo des violences et de la chienne morte. L'homme lui a dit "j'ai tué le chien, je vais te tuer." Un cas qui n'est ni nouveau ni isolé. En Seine-et-Marne, un homme a été condamné en novembre 2022 à 12 mois de prison pour avoir tué la chienne de sa compagne, alors que leur couple battait de l'aile. En 2014, un Américain a tué le Loulou de Poméranie de sa partenaire avant de lui servir à manger. La femme avait signalé avoir subi de nombreuses violences de la part de son homme. Des cas emblématiques et qui doivent alerter selon deux spécialistes.

Une "logique de terreur"
Spécialisée dans les violences faites aux femmes, Maître Isabelle Steyer prend ces violences animales très au sérieux. "C'est une logique de grande terreur", poursuit l'avocate,"je te fais vivre la terreur, tu culpabilises, tu n'es pas efficace, tu te sens complice". "Un homme qui s'attaque à un animal s'attaque à quelqu'un qui ne peut pas le nommer, le désigner, alors qu'un enfant en est capable, poursuit-elle. C'est la fragilité dans la fragilité."

Pour l'avocate, il s'agit dans ces dossiers de maltraiter un être cher à une femme. Encore plus maltraité que la femme.

Il faut détruire, l'homme n'en est pas encore au stade de la détruire, elle.
Isabelle Steyer, avocate spécialiste des violences conjugales
à France 3 Provence-Alpes

Isabelle Steyer explique que dans tous les dossiers de maltraitance d'enfant, si un animal est dans le foyer, il est maltraité systématiquement.

Trois critères indiquent selon elle qu'un homme est sur le point de tuer sa compagne ou ex-compagne. "L'homme dit "je veux te tuer", il utilise le feu [en déclenchant un incendie par exemple] et il maltraite un animal". Quand ces trois critères sont réunis, la folie va jusqu'au meurtre, c'est ce qu'Isabelle Steyer a constaté dans ces dossiers et sa carrière en général.

Une violence qui en engendre d'autres
Dans l'affaire marseillaise, la propriétaire du chien tué n'a pas porté plainte. Son ancien compagnon n'avait pas le droit de s'approcher d'elle, par ordonnance d'éloignement. Le 25 avril, il a tué la chienne de cette jeune femme à coups de savates. L'association SPAME (Société Protectrice des Animaux Maltraités et Errants) a déposé une plainte et se porte partie civile. Elle sera représentée par Isabelle Terrin, avocate spécialisée dans la défense des animaux.

Selon elle une personne capable d'une telle violence sur un animal peut aussi bien s'en prendre à une femme, un enfant ou une personne âgée.

Il existe une seule violence, c'est un côté sadique.
Isabelle Terrin, avocate de la SPAME
à France 3 Provence-Alpes

"Dans un État américain, un fichier recense les personnes ayant commis des sévices ou actes de cruauté sur les animaux. Lorsque les enquêteurs cherchent un tueur en série, ils regardent ce fichier. Celui qui crève un œil à un animal n'est forcément pas tranquille", selon l'avocate.

L'espoir d'une justice plus sévère
"Avant, on ne me prenait pas au sérieux" raconte Maitre Terrin "Aujourd'hui, je sens que les parquets sont très sensibles à ces actes. La loi a changé en 2021. Aujourd'hui, pour sévices et cruauté ayant entraîné la mort, la peine peut s'élever à 5 ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende".

"Un animal est un être sensible", un référent animal est désormais en place au sein des gendarmeries et commissariats. "On prend conscience de la gravité des faits, de l'importance de les juguler, d'arrêter la violence dès les prémices."

On devrait poser cette question dans les gendarmeries et les commissariats. On évoque les maltraitances économiques, psychologiques et sexuelles, on devrait ajouter les sévices sur les animaux, ça en dit long sur le foyer.
Isabelle Steyer, avocate
à France 3 Provence-Alpes

Isabelle Terrin plaidera le 6 juin dans le procès des violences infligées au chihuahua. Dans toutes ses affaires de défense des animaux, elle a un souhait : "Tu touches à un animal, tu vas en prison."


https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/j-ai-tue-le-chien-je-vais-te-tuer-les-sevices-sur-les-animaux-signaux-d-alertes-des-violences-conjugales-2963624.html (un trigger warning sur la photo, même si elle est floutée, on devine bien quand-même le corps du chien et le sang)

Et là :

https://www.bfmtv.com/police-justice/les-veterinaires-peuvent-ils-aider-a-detecter-les-violences-intrafamiliales_AN-202308270021.html

Citer:
LES VÉTÉRINAIRES PEUVENT-ILS AIDER À DÉTECTER LES VIOLENCES INTRAFAMILIALES?
Manon Aublanc
Le 27/08/2023 à 6:00

L’activité des cliniques vétérinaires est en constante augmentation. 8 % en 2020, 12% en 2021, générant un besoin croissant de professionnels qualifiés.
L’activité des cliniques vétérinaires est en constante augmentation. 8 % en 2020, 12% en 2021, générant un besoin croissant de professionnels qualifiés. - APFORM / Adobe Stock

Des professionnels du monde animal s'interrogent sur les liens entre la cruauté envers les animaux et les violences conjugales et les cas de maltraitance. Ils appellent à former les vétérinaires à détecter ce genre de situations.
Des histoires qui glacent le sang, la vétérinaire Anne-Claire Gagnon en a des dizaines. Comme celle de ce chien, recouvert d'ecchymoses, qu'elle soupçonne d'être maltraité par son maître. "Papa, il frappe soit le chien, soit maman", lâche le petit garçon du couple en plein milieu de la consultation.

Ou celle de ce chien, qui mord régulièrement son propriétaire, père de famille. "C'est toujours quand il pose la main sur la porte de la chambre de la petite”, raconte sa femme lors du rendez-vous.

Si aucune étude officielle n'existe en France sur la corrélation entre maltraitance animale et violences intrafamiliales, policiers, gendarmes, juges et professionnels du monde animal assurent l'observer sur le terrain.

D'autres pays se penchent déjà depuis plusieurs années sur le sujet. "Ça fait 25 ans que le Canada, l'Angleterre, les Etats-Unis, ou les Pays-Bas sont très sensibilisés sur cette question du lien entre les maltraitances et du fait qu'il y ait une seule violence", explique à BFMTV.com la vétérinaire Anne-Claire Gagnon.

Des violences concomitantes
Présidente de l'Association contre la maltraitance animale et humaine (AMAH), elle entend former ses confrères et consœurs à détecter les violences intrafamiliales. Dans certains cas, la violence contre les animaux peut même être considérée comme "un des symptômes de la violence conjugale ou de la maltraitance des enfants", plaide-t-elle.

"Quand un animal est maltraité, un enfant est en danger", met-elle en garde.
Anne-Claire Gagnon appelle ainsi l'ensemble des acteurs concernés, en cas de suspicion de maltraitance animale, à dépister des violences intrafamiliales: "Le repérage de la violence contre les animaux doit aller de pair avec le repérage de la violence intrafamiliale, la violence conjugale ou la maltraitance, notamment contre les enfants."

"Si on dénonce de la maltraitance animale, ça doit systématiquement donner lieu à un état des lieux sur toutes les formes de violences qui pourrait être commises dans un foyer", appuie le juge Clément Bergère-Mestrinaro, président du tribunal judiciaire de Sens.

"Un voisin qui voit quelqu’un taper un chien, il n’appelle pas forcément la police. Pourtant, ça peut être un signe révélateur de ce qui se passe à l’intérieur d’un foyer, de violences moins visibles", prévient Clément Bergère-Mestrinaro.
L'importance de la prévention
Dans certains foyers, la violence est parfois considérée comme "un moyen éducatif", autant pour les animaux que les enfants, analyse Anne-Claire Gagnon. "Quand on punit le chien, on lui met une claque, et quand on punit l'enfant, on lui met aussi une claque."

Les enfants, eux, "reproduisent ce qu'ils voient ou ce qu'ils subissent": "Quand un enfant frappe l'animal du foyer, ça peut être révélateur de violences ou d'abus sexuel à la maison", ajoute-t-elle.




Et c'est finalement pas si loin... le dernier livre d'Ovidie traite de l'identité de traitement entre les femmes et les chiens dans la société patriarcales, et des liens entre les femmes et les chiens (je n'ai trouvé que l'article sur Madmoizelle).
Je suis notamment d'accord avec elle sur le manque du reconnaissance du deuil d'un animal de compagnie, même si les lignes bougent. Un peu. :think:

https://www.madmoizelle.com/les-chiens-sont-ils-les-meilleurs-amis-des-femmes-ovidie-livre-une-captivante-relecture-feministe-de-notre-rapport-aux-chiens-1752723

Citer:
Et si les chiens étaient les meilleurs amis des femmes ?
Marion Olité
Publié le 11 mai 2024 à 16h05

Dans son dernier essai, « Assise, debout, couchée », paru le 24 avril aux éditions J.C. Lattès, Ovidie explore les liens qui existent entre les femmes et les chiens. Elle convoque pour cela sa propre histoire et effectue des parallèles passionnants entre luttes féministes et cause animale.
Je ne suis pas une grande amoureuse de chiens. J’en ai même eu peur une bonne partie de ma vie. Ma perception des canidés a évolué quand je me suis retrouvée, par accident, à faire du dog sitting un week-end. Pour la première fois de ma vie, je me suis baladée dans l’espace public avec une chienne, Ribella. J’ai ressenti une joie insoupçonnée. Comme 81% des femmes en France, j’ai été victime de harcèlement sexuel dans la rue. En conséquence, je traverse l’espace public avec une hyper-vigilance de chaque instant. Mais avec Ribella à mes côtés, aucun homme n’osait s’approcher ou me regarder de façon déplacée. Je me suis sentie libre de vagabonder dans les rues de Paris.


“Cette présence dissuasive agit dans plein de situations différentes, peu importe la catégorie sociale. Les chiens sont des défenseurs de la rue pour celles qu’on appelle ‘les punkettes à chiens’, celles qui sont sans-abri…C’est valable en environnement urbain, comme tu l’as vécu, mais aussi en milieu rural, quand on va se balader en forêt. […] Partir avec un chien, ça libère une partie de notre cerveau.” m’explique Ovidie.

Les chiens sont aussi victimes du patriarcat
Le chien (ou la chienne, terme aussi utilisé comme une insulte sexiste, tiens tiens !) est un rempart contre les violences masculines, mais il peut aussi en être victime. Dans son essai, Ovidie revient sur la montée des violences intrafamiliales durant la pandémie de Covid. Elle a coïncidé avec une explosion des violences à l’égard des chiens. « On s’est rendu compte qu’une femme qui subissait des violences intrafamiliales, avait cinq fois plus de risques que n’importe quelle autre femme de voir son chien battu par son compagnon », pointe-t-elle.


Dans son essai revigorant et accessible, l’autrice analyse la façon dont les femmes et les chiens ont été et sont encore exploités par le patriarcat, à des fins capitalistes. Elle fait le lien entre les expériences en laboratoire dont sont victimes les chiens (2 millions torturés chaque année) avec celles pratiquées sur les femmes au 19e et 20e siècle.

Comme les femmes, les chien·nes sont aussi réduit·es à l’état d’objet décoratif. On les habille, on les pomponne et on leur fait subir des actes de chirurgie esthétique, autrement dit des mutilations (les oreilles ou la queue coupée) pour rentrer dans les normes de beauté en vigueur. Sans parler des manipulations génétiques pour rendre les chiens « plus beaux », au mépris de leur santé.

Ovidie est perplexe face à ce traitement schizophrène : “Il y a une grosse dissonance cognitive entre les vidéos que tu postes sur Insta avec des petits chiens mignons et tout le monde qui reposte derrière, et les milliers de chiens qui sont produits chaque année en France dans des fermes à chiens, destinés à l’expérimentation animale et qui ne verront jamais un brin de gazon.“

Canicides, féminicides, même combat ?
Un chapitre glaçant de son essai est consacré aux canicides – des meurtres de masse de chiens considérés comme « errants » – perpétrés dans des grandes villes comme Paris, New-York ou Istanbul, à des moments où il s’agissait de chasser les populations indésirables des rues avant un événement mondial, pour coller à une image de carte postale.

En 1878, la SPA propose une nouvelle invention lors de l’exposition universelle pour éradiquer les chiens errants dans les villes : les chambres à gaz. Elles sont utilisées à Paris en 1880, par le préfet Louis Andrieux. Vous connaissez la suite terrifiante de l’histoire des chambres à gaz. En 1910, à Istanbul, la ville décide de déporter 35000 chiens sur une île, où la plupart meurent de déshydratation. Cet épisode a probablement inspiré Wes Anderson pour son film, « L’île aux chiens », sorti en 2018 et qui traite précisément de ce sujet.


Devinez qui va s’opposer à ces maltraitances animales ? « Dès la fin du XIXe, celles qui prennent conscience, celles qui s’opposent à ces massacres de masse, ce sont les féministes. Pourquoi ? Parce qu’elles savent qu’elles sont les suivantes sur la liste. Si elles sont opposées à la vivisection sur les chiens, c’est parce qu’elles sont victimes de vivisection , nous éclaire Ovidie. Les premiers mouvements pour la cause animale sont portés par des figures comme Louise Michel.

Cette surreprésentation des femmes dans la cause animale (elles représentent entre 68% et 80% des militant·es !), le végétarisme ou l’écologie ne fait que prouver le lien entre exploitation des animaux et des femmes, pour le plus grand plaisir du système capitaliste. Ces luttes sont diabolisées ou ridiculisées, avec des relents de sexisme.

couv-ovidie
« Dans les mouvements militants de gauche au sens large, celles qui défendaient la cause animale passaient pour des sottes. C’était considéré comme un peu trop de sensiblerie, une lutte pas sérieuse. » Et si l’on remonte en 1893 et aux débuts de la psychiatrie, dont on connaît les biais misogynes, le Guide pratique des maladies mentales signalait que « l’affection exagérée pour un animal relève de la maladie mentale », nous apprend Ovidie.

Chiens, empathie et masculinité
Pour l’autrice, dont la vie a été jalonnée par son rapport aux chiens, la douleur de la perte d’un chien reste un sujet particulièrement inaudible. Une partie de son livre est consacrée à la perte du grand amour canin de sa vie, Raziel.

“Ça pose énormément de questions. Comment on décide, à quel moment, est-ce qu’on a vraiment fait le bon choix ? Pourquoi on a un pouvoir de vie et de mort sur l’animal ? Je pense que ce livre, je l’ai écrit avant tout pour ce passage. J’avais besoin d’écrire pour faire mon deuil.” me confie-t-elle.

Elle déplore le manque d’accompagnement psychologique spécifique lors de la mort d’un animal.Pendant longtemps, la seule personne qui s’est exprimée publiquement sur ce sujet a été Jean-Pierre Hutin, le créateur de l’émission “30 millions d’amis”, dans son livre Mabrouk, vie de chien.


« Je l’avais trouvé très courageux d’aborder ces questions-là, parce que c’est compliqué pour un homme, encore plus dans les années 80, de dire publiquement ‘je suis dépression parce que mon chien est mort’. » Ovidie note que deux autres auteurs, Eric Sapin Dufour et François Schuiten, se sont emparés du sujet du deuil canin en 2023. « Je vois un lien avec le fait qu’on soit dans une phase de déconstruction de la masculinité », souligne l’autrice. Le chien peut-il être un outil pour développer l’empathie masculine et nous sauver du patriarcat ? C’est peut-être beaucoup lui demander !

Avec Assise, debout, couchée, Ovidie parvient à trouver un bel équilibre entre analyse et vécu personnel. On en apprend beaucoup sur la façon dont l’histoire des femmes et des chiens est inextricablement liée, sans pour autant tomber dans un travail trop théorique. Avec sa plume drôle et sincère, l’autrice apporte un supplément d’âme à son texte. Preuve de sa réussite, cet essai chaleureux nous donne une furieuse envie d’avoir un·e chien·ne pour découvrir, à son tour, la puissance de ce lien. « Tant mieux, c’était mon objectif caché ! » plaisante Ovidie.

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MessagePublié: 18 Mai 2024, 11:13 
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Ça me rappelle une citation, que je cite de tête et dont je n'ai aucun souvenir d'où elle provient (un livre sur la psychologie humaine peut-être ?) qui disait que celui qui tue des animaux finira très probablement par exercer des violences sur des êtres humains.

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MessagePublié: 18 Mai 2024, 22:45 
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Disons que sur ce point particulier, quand on regarde le parcours des tueurs en série, on retrouve souvent la constante qu'ils ont tuer et/ou exercer des violences sur des animaux (au-delà de l'âge "de raison" disons).

L'esprit humain est complexe, mais je pense qu'effectivement pour torturer/violenter/faire souffrir intentionnellement un animal, c'est bien qu'on manque d'empathie. Qu'on a pas la "barrière mentale" qui fait qu'on a éprouve naturellement du rejet à faire souffrir pour faire souffrir. Donc, quelque part, si on a pas ce "rétrocontrôle" psychique naturel pour un animal, statistiquement, il y a plus de probabilité pour qu'on ne l'ai pas non plus vis à vis des humains... :think:

Après, concernant les tyrans domestiques en tout genre... il faut leur reconnaître un point commun, ces mecs là sont en général très lâches. Ils ne s'en prennent jamais à quelqu'un qui va leur rendre coup pour coups, frapper des gosses, une femme, un chien, c'est pas trop risqué au fond... :roll:

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MessagePublié: 23 Mai 2024, 10:38 
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Face aux abandons de chiens, l’État veut responsabiliser les propriétaires

Alors que les abandons de chiens se multiplient, l’État a présenté le 22 mai un plan national pour lutter contre le phénomène, qui reste peu étudié et opaque.

Les beaux jours, l’autoradio à fond, l’autoroute des vacances… et le fidèle compagnon à quatre pattes qui regarde s’éloigner la voiture, attaché à un lampadaire du parking du Buffalo Grill. L’image a tout du cliché éculé. Elle correspond malheureusement à une certaine réalité, difficile à cerner mais cruelle pour les animaux. Le fléau de l’abandon des chiens fait partie des priorités du plan national pour le bien-être domestique, dévoilé le 22 mai par le gouvernement.

Difficile de cerner l’ampleur du phénomène. Les données sont rares, parcellaires. Rien qu’évaluer la population de chiens domestiques en France relève du défi. Ils étaient 7,6 millions en 2022, selon la Fédération des fabricants d’aliments pour chiens, chats, oiseaux et autres animaux familiers (Facco) ; 9,7 millions en 2023, un chiffre en augmentation de 1,98 % en cinq ans, selon l’Identification des animaux domestiques (I-cad). Le fait que 12 à 35 % des chiens ne soient pas identifiés à l’aide d’une puce électronique n’aide pas à construire des données plus précises.

Vieille dame citadine cajolant son loulou ou chasseur du dimanche motivant sa meute ? On ne connaît pas non plus les maîtres de ces canidés. « En France, les seules recherches un peu sérieuses sur le sujet ont été menées par Nicolas Herpin pour l’Insee, explique le sociologue Jérôme Michalon, coauteur de Sociologie de la cause animale. Désormais, on adopte souvent un chien pour le plaisir de vivre avec, moins que pour garder la maison et faire peur aux voleurs. »

Les abandons, le grand flou
Dans ce contexte déjà flou, le phénomène de l’abandon est plus opaque encore. Le Code pénal prévoit une peine de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende pour « l’abandon d’un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité ». Mais il n’existe pas de définition partagée de ce à quoi correspond cette négligence. « Est-ce que céder son animal à un refuge est un abandon ou une cession sous contrainte, un abandon responsable ? » interroge le cabinet du ministre de l’Agriculture Marc Fesneau. Aujourd’hui, un propriétaire qui conduit son animal en refuge n’est jamais sanctionné « alors que pour nous, c’est effectivement un abandon », tranche Lorène Jacquet, responsable campagnes et plaidoyers à la Fondation Brigitte Bardot.

Quant à évaluer le nombre d’animaux délaissés… « Le chiffre circule de 100 000 abandons par an pour les chiens et les chats, indique Lorène Jacquet. Mais si l’on recoupe les données de prise en charge de la SPA et des plus grosses associations de protection animale, on est sur une fourchette beaucoup plus haute, de l’ordre de 200 000 par an. » Pour contourner cette difficulté, on peut être tenté de comptabiliser le nombre de places en fourrières et en refuges. Sauf que ces chiffres n’existent pas. La fourrière est censée avoir une capacité en cohérence avec la taille de la commune — un animal perdu par an pour 250 habitants selon l’usage. Mais tout calcul sur cette base semble vain car, en 2012, seulement 60 % des municipalités respectaient cette obligation. Côté refuges, c’est aussi le grand flou, puisque les opérateurs ne déclarent pas tous leurs capacités d’accueil.

Pour y voir plus clair, une des missions que se donne le gouvernement est de travailler sur la notion d’abandon et d’élaborer des indicateurs fiables. Le Centre national de référence sur le bien-être animal (CNR BEA) créé en 2017 devra travailler sur une définition. Les données construites sur ces bases seront ensuite centralisées sur un site internet, prévu au second semestre 2024.

Chiffres solides ou pas, les gestionnaires de refuges sont unanimes : les refuges sont saturés. Avec des conséquences dramatiques pour les animaux. « Les fourrières n’ont plus la possibilité de placer les animaux errants. Les propriétaires qui cherchent à se séparer de leur animal sont inscrits sur liste d’attente. Se pose aussi la question des animaux maltraités qui vont devoir continuer à subir des sévices pendant des semaines, faute de solution d’accueil », énumère Lorène Jacquet. La situation est particulièrement critique pour les molossoïdes comme les american staff et pour les malinois, abandonnés en masse ces dernières années et qui, une fois en refuge, peinent à trouver un nouveau foyer.

Coûts en hausse, achats sur un coup de tête...
Comment en est-on arrivé là ? Les causes de ces abandons sont peu documentées. Le CNR BEA devra ainsi étudier leurs causes et celles de la maltraitance des molossoïdes et malinois. En attendant, il faut se contenter d’observations de terrain. Parfois, elles font état d’accidents de la vie. « Ce sont souvent des raisons familiales, explique Christophe Blanchard, sociologue, maître de conférences à l’université Sorbonne Paris Nord et maître chien de formation. En cas de divorce, comme il n’existe pas de garde alternée officielle, l’animal peut créer des tensions supplémentaires. Il y a aussi le cas du décès du propriétaire, ou de son placement en Ehpad. » À noter que la loi Bien vieillir d’avril dernier garantit aux résidents de ces établissements le droit de garder leur animal de compagnie.

Entretenir un chien peut coûter cher. Sur ce plan, l’inflation a fait des dégâts. « Le motif d’abandon n’est pas tant le coût de l’alimentation, précise Lorène Jacquet. Le vrai problème, c’est l’augmentation des frais vétérinaires. Si des propriétaires ne peuvent pas payer, ils sont prêts à abandonner leur animal ou à le faire euthanasier. » Ceci, dans un contexte où les ménages paient davantage pour leur animal, observe Jérôme Michalon. Il y a eu « une montée en gamme des services et produits destinés aux animaux, accompagnée d’un changement des discours prescripteurs », indique le sociologue. Autrement dit, pour être considéré comme un bon maître aujourd’hui, on ne peut plus se contenter de nourrir son chien de restes et d’appeler le vétérinaire le plus tard possible, s’il est appelé.

« Des gens achètent un chien comme ils achèteraient une bagnole »
De nombreux abandons sont aussi la conséquence d’une acquisition irréfléchie, à mauvais escient. « Des gens vont, sur un coup de tête, acheter le chien de race du moment. Avant de très vite se rendre compte qu’ils sont incapables de le gérer », rapporte Christophe Blanchard. L’american staff et le malinois en ont fait les frais, mais aussi le border collie, un chien de travail extrêmement vif et intelligent qui a besoin d’être stimulé en permanence. « Face à ces races très exigeantes, des gens achètent un chien comme ils achèteraient une bagnole, sans réflexion derrière », soupire le chercheur, qui peste contre la starification de Messi, le border collie décoré de la « Palme Dog » à Cannes pour sa performance dans le film Anatomie d’une chute. Les réseaux sociaux ont aggravé le phénomène, selon Lorène Jacquet : « Ils véhiculent des images souvent un peu trop positives sur la détention d’un animal, sans informer sur les contraintes que cela engendre. »

Pour lutter contre l’abandon, la loi de 2021 contre la maltraitance animale imposait la signature d’un « certificat d’engagement et de connaissance » et un délai de réflexion de sept jours avant l’adoption d’un animal. Le plan gouvernemental présenté le 22 mai entend renforcer ce dispositif en l’inscrivant dans un « parcours d’acquisition responsable ». « Tout ne passe pas par la réglementation et le contrôle, mais plutôt par l’appropriation et la compréhension globale de ce que veut dire acquérir un animal et s’en occuper », a plaidé le cabinet de Marc Fesneau, qui veut « agir le plus en amont possible en modifiant la manière dont on conçoit notre relation avec les animaux ».

Les associations de protection animales, elles, plaident pour refermer un peu plus le robinet de l’offre. La loi de 2021 interdisait déjà la vente des chiens et des chats en animaleries à partir de 2024, les offres de cession sur internet (sauf annonces labellisées par le site ou émanant d’éleveurs ou d’animaleries) et la cession ou le don aux mineurs. La Fondation Brigitte Bardot réclame des mesures supplémentaires, qui n’ont pas été intégrées dans le plan : interdiction de la reproduction par des particuliers, interdiction de la vente en salons.

Pour Jérôme Michalon, la lutte contre le délaissement doit nous conduire à réfléchir de manière plus radicale à la place de l’animal dans notre société. Si l’abandon existe, c’est qu’il est tenu pour acquis qu’un chien doit obligatoirement avoir un propriétaire. « Aujourd’hui, dans notre société, les possibilités d’existence des chiens ont été radicalement restreintes. Le chien errant n’existe plus. Soit il est ramassé et devient un animal de compagnie, soit il meurt », explique-t-il. La libération et la libre circulation des chiens, meilleur remède à l’abandon ?


https://reporterre.net/Races-a-la-mode-inflation-Les-abandons-de-chiens-en-augmentation

Un article un peu plus "évolué" que ceux qu'on trouve partout concernant la réforme à venir (qui a l'air de tenir surtout de l'affichage, mais bon c'est pas comme si on avait pas l'habitude... :shifty: ) du statut de l'animal.
Si je suis plutôt d'accord avec la teneur de l'article, j'avoue que la dernière phrase m'interpelle : le journaliste connait il vraiment les chiens, et les problématiques de chiens errants/parias à l'étranger ? :think:
Non parce que clairement, il y a très peu de pays où la cohabitation entre humains (et les animaux domestiques/d'élevage) se passent bien (en Inde, le joyeux bazar fait partie de la culture, dans certains pays d'Amérique du Sud, comme le Pérou il y a des habitudes culturelles un peu similaires, mais sorti de là... Et ça ne veut pas dire que c'est idyllique non plus)... quand on voit ce qu'il se passe au Maghreb où on a littéralement des campagnes d'abattage, idem en Russie et consorts... Ou quand on voit ce qu'il s'est passé en France dernièrement, je ne suis pas sûre DU TOUT que ça soit l'idée du siècle, avec les problèmes que ça poserait avec les animaux de troupeau et même la faune sauvage... Et je ne parle pas des excités de la gâchette ou des tordus en tout genre qui réglerait le problème à coups de plombs, de pièges ou de boulettes empoisonnées... (il y a déjà ce genre de problématiques avec les chats errants, donc on ne va peut-être pas y rajouter les chiens...)

Et en plus... pour avoir eu pas mal de chiens à la maison, je suis sûre qu'aucun d'entre eux n'auraient eu ne serait-ce que le début de l'envie de se retrouver "errant"... une petite fugue histoire de se donner quelques sensations, oui, mais on rentre retrouver son dodo et sa gamelle le soir, ça va pas la tête ?!... :lol:

Bref, la remarque me semble totalement hors sol pour être honnête...

Maintenant, il est indéniable qu'il y a un souci... J'avoue avoir du mal, personnellement, à ne serait-ce qu'imaginer abandonner mon chat ou n'importe quel autre animal, parce que pour moi ils sont des membres de la famille à part entière. Ce n'est même pas une possibilité...

Après, c'est sûr qu'il faudrait mieux cerner le problème (notamment les races concernées, parce qu'effectivement, il y a des effets de mode qui ne sont peut-être pas "adéquats"), et proposer des solutions réellement efficaces.
Je ne sais pas toujours ce qui est "possible", mais je pense que déjà limiter/interdire certains modes d'acquisition "sauvage" (dont les provenances sont peu contrôlées et/ou résultent d'un trafic), et informer/éduquer, ça ne peut qu'aider.
Même si, par principe, je tiens toujours plus à l'éducation, au changement de paradigme dans les esprits qu'à la coercition (ne serait-ce que parce qu'une règle, ça s'enfreint toujours. Alors qu'un esprit bien tourné n'aura pas besoin de règle). Pour moi, ça ne devrait pas être qu'en primaire qu'on enseigne le respect des animaux (et plus largement, de la biodiversité, de l'environnement etc...), ça devrait être une matière fondamentale tout le long de la scolarité...

Pour les frais vétos, peut-être réfléchir au pourquoi du comment ils sont si élevés (notamment avec des cliniques qui sont rachetées par des fonds de pension...), mais aussi élargir l'accès aux mutuelles (que toutes les mutuelles le proposent, alors que là c'est des mutuelles spéciales, mais pourquoi pas avoir à côté de son propre contrat, de sa responsabilité civile etc... celle de son animal).

Pour moi, un chien qui se fait euthanasier au terme de son délai fourrière, parce qu'il n'a trouvé aucune place/famille pour le prendre, parce qu'il n'était pas de la bonne race etc... ça reste une injustice totale et cruelle qui ne devrait juste pas exister. Maintenant, il y a plein de choses qui ne devraient pas exister dans une société "idéale", mais le fait est que les animaux, comme les enfants, sont toujours innocents du sort qui leur ait réservé...

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MessagePublié: 25 Mai 2024, 21:37 
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Je suis consterné par les histoires racontées ici...


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MessagePublié: 27 Mai 2024, 17:50 
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C'est vrai que ce n'est pas toujours très joyeux tout ça...


Donc, pour changer une vidéo mignonne. :love:
Sans doute la plus mignonne que vous ayez vu depuis un moment :



https://www.youtube.com/watch?v=zaanXE64BAQ

Quand je vois un grand monsieur barbu tout tatoué se mettre en 4 pour sauver une petite souris trouvée dans la rue et dire "c'est ma petite princesse"... j'arrive à me dire que l'humanité n'est pas totalement foutue... :)

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